Bon, faisons le point. Parce que même moi, je dois avouer que je commence à y perdre mon latin.
Il y a 6 mois, le 23 mai, je rentrais du Japon, après 9 bons mois d'expatriation en tant qu'étudiante de japonais et (apprentie) professeur de français.
Je revenais dans ma douce patrie belge accompagnée de mon amoureux japonais, tous deux prêts, diplôme en poche, à partir à la recherche d'un boulot.
Depuis lors, l'amoureux (généralement dénommé "l'homme" sur ce blog) a fait son chemin, on a déménagé dans un logement gracieusement "offert" par des amis de mes parents, et on se débrouille avec ce qu'on a. Meaning : on fait ce qu'on peut avec le peu de moyens... (qui a dit que c'était pas possible de vivre d'amour et d'eau fraîche? moi je dis que ça roule s'il y a un peu de chocolat en plus!)
Lui fait partie de plusieurs associations belgo-japonaises, notamment dans son domaine de prédilection (l'éducation), et il a décroché un job qui commencera en avril. Il donnera des cours le samedi dans l'école japonaise de Bruxelles, et continuera à donner des leçons particulières de japonais. Il a aussi intégré un club de foot, ce qui l'aide un peu dans la mise en pratique des cours de français qu'il suit chaque semaine. En janvier, il arrêtera les cours de français pour se consacrer à l'acquisition d'une agrégation en tant que professeur de "japonais langue étrangère" via des cours online. Beaucoup de projets de son côté, donc.
Quant à moi, depuis mon retour, la situation est un peu moins rose (ne vous méprenez pas, je ne dis pas que tout doit être simple pour lui...).
J'ai d'abord travaillé en tant qu'étudiante (pour la toute dernière fois, écrasons une larme) pendant un mois d'été. Après ça, ce fut l'envol du nid, presqu'en même temps que le frère. Mon japonais sous le bras (façon de parler bien sûr), on a déménagé, et peu de temps après j'apprenais que j'étais prise comme prof d'histoire dans mon ancienne école secondaire.
Septembre arriva, et un petit mois seulement après, ce boulot, associé à des problèmes de couple et de santé, eu raison de moi. Je me retrouvais en arrêt maladie, complètement paumée.
Quelques semaines de récup' (et d'ajustements de couple, hum hum) plus tard, j'étais de retour sur le marché du travail (d'où le mini intérim que j'assure pour l'instant), et après discussions, l'homme et moi nous préparions psychologiquement à partir pour l'Angleterre.
Bien sûr, je commence à avoir l'habitude, rien ne se passa comme prévu... Il y a une grosse semaine, l'homme est venu me trouver en me demandant "et si on restait en Belgique?". Je tombe des nues. Je le regarde avec des grands yeux interrogateurs qui se remplissent de larmes de déception.
Il veut tenter sa chance encore ici. Il est botté par l'école japonaise de Bruxelles et n'ose pas décevoir le directeur qui le soutient pour le job qui démarre en avril. Et, raison principale, la formation sur laquelle il bavait et qu'il ne pouvait suivre qu'en Angleterre s'est révélée n'être pas du tout ce qu'il pensait...
La boucle est bouclée, me revoilà paumée, avec des questions sans réponses plein la tête.
Non pas que je sois en colère contre mon nippon préféré, parce que je pense que ce "nouveau départ" représentait plus une fuite qu'autre chose pour moi, mais disons que je dois retomber sur mes pattes.
Je vais devoir regarder en face des questions que j'ai essayé d'éviter pendant ces six mois qui ont suivi mon retour. Quelle femme veux-je devenir? Quelle aide veux-je apporter à la société? Qu'est-ce qui me fera me sentir bien et me motivera quand je me réveillerai le matin?
C'est comme devoir ouvrir une porte donnant sur l'inconnu, en sachant qu'elle se refermera derrière vous, et qu'il sera pas question de revenir sur ses pas. Donc, j'ai peur. Et parfois je regrette la sécurité de mes études. Mais tout le monde passe un jour par là, pas vrai?
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