“Crisis Core”, c’est quoi par rapport à FFVII ?

Restons à la surface, je me suis jurée de pas faire de gros spoilers (donc ceux qui n’ont pas encore joué, lisez sans crainte). Dans Crisis Core, on incarne Zack, un beau jeune homme grand et fort qui aspire à devenir un membre First Class du SOLDIER, force armée de l’entreprise Shinra, entreprise surpuissante tirant plus ou moins toutes les ficelles sur la planète Gaia. (Psst, pour ceux qui ne sauraient rien du monde de FFVII, c’est par ici.) Pourquoi notre ami désire-t-il tant faire partie de l’élite des gros bras? Raison simple : “to be a hero”, rien que ça. Il est d’ailleurs bien parti pour réaliser son rêve puisqu’au début de l’histoire, il fait déjà partie du SOLDIER même si encore comme Deuxième Classe. Bref, si Zack devait être décrit (autrement que par sa plastique de rêve) au début du jeu, il se rapprocherait facilement d’un idéaliste, frimeur, gaffeur et naïf, mais assez marrant pour être attachant dès les premières minutes.

Mais je m’égare, je m’égare, je n’ai toujours pas répondu à la question : Zack est en fait le personnage qui jouera un sacré rôle dans la destinée d’un certain Cloud. Et oui, le héros principal du fameux FFVII. Vous découvrez donc les événements qui précèdent de sept ans le septième volet de la mythique série. Vis-à-vis de FFVII, Crisis Core a donc un double avantage : 1) permettre à ceux qui ont déjà joué à FFVII de découvrir le personnage qui était dans l’ombre de Cloud et surtout de nouer tous les petits liens avec l’épopée cyberpunk qui avait révolutionné le monde du jeu de rôle sur console; 2) donner aux petits newbies - comme moi - l’envie irrépréssible d’enfin jouer à FFVII (“au diable les graphismes qui ont pris des rides!”), et la chance de rencontrer une poignée de personnages et univers qu’on ne veut plus quitter une fois qu’on y a goûté!

Je ne vais pas vous expliquer ici les tenants et aboutissants de tous les personnages que nous offre Crisis Core, ni l’histoire hyper accrocheuse, ni d’autres explications du genre, d’autres pages y sont entièrement consacrées, pas besoin pour moi de les plagier. (Joli site officiel, en passant.) J’ai juste envie de lister tous les ingrédients qui ont, pour moi, fait de ce jeu signé Square Enix une expérience que je n’oublierai pas de sitôt.

Le scénario

Que ceux qui n’ont jamais joué à FFVII, ni à Dirge of Cerberus, ni vu le magnifique film Advent Children, ne s’inquiètent pas, toute l’histoire de Crisis Core reste accessible. Mieux encore, le scénario vous met en appétit et vous ne lacherez pas l’univers avant d’avoir regardé / joué à tout.

Le scénario dose parfaitement un petit côté philosophico-cryptique avec une bonne dose de concentration sur les relations interpersonnelles, qui reste d’ailleurs pour moi l’intérêt premier de ce jeu. La progression est assez rapide pour ne pas s’ennuier, mais pas trop, question de ne pas avoir à poser sa PSP trop vite. En deux mots, un scénario bien ficelé, avec toutes les petites surprises et rebondissements qu’on aime.

Mais, ne le cachons pas, si l’histoire passe particulièrement bien, c’est l’effet de la fabuleuse gallerie de…

Personnages

Ok, Zack a l’air un peu stupide au début (genre “oh, tiens, je suis témoin d’événements qui risquent de changer la face du monde à jamais. pas grave, qu’est-ce que je fais à manger ce soir au fait?”, ou pas loin). Mais tout le mérite de ce jeu réside justement dans l’évolution de ce jeune homme innocent vers un futur qui se révèlera plutôt noir… Au début, on rit de Zack, plus tard on le plaint, et à la fin, il en impose. Un des plus attachants héros que j’ai jamais eu l’occasion de contrôler, vraiment.

À côté de notre ami, il y a entre autres les trois ex-potes : Angeal (mentor de Zack), Genesis, et Sephiroth.

Tous trois ont des personnalités bien distinctes, mais pas caricaturales pour autant. Angeal est plutôt du type “boy-scout”, un gars pour qui l’honneur est tout et à l’air toujours très sévère, mais on sent qu’au fond il a un coeur d’or, suffit de voir comment il traite son imbécile d’apprenti (oui, oui, je parle de Zack). Genesis est ce que j’appelle un faux-méchant, en d’autres termes un mec qui a pas eu de bol dans la vie et qui ne sait pas très bien comment s’y prendre pour trouver sa place, du coup pourquoi pas devenir maître du monde? (au fond, oui, pourquoi pas? j’y pensais encore ce matin…) Genesis, je l’ai trouvé tordant, mais c’est probablement parce que je sais que ce perso a été modélisé à partir du chanteur ultra-célèbre au Japon du nom de Gackt. Ce type adore se la jouer dramatique, style air torturé, lamentations sous la pluie et autres capes dans le vent. Genesis cadre trop là-dedans, avec ses speechs grandiloquents et son air de tombeur. Bref, venons-en à Sephiroth. Ce coco-là m’a fait fortement songer au Skywalker avant de devenir Dark Vador (bah oui, lui aussi il devient un grooos méchant dans FFVII). Et d’ailleurs, il est aussi question d’un souci de paternité pour Sephiphi. Une chose est certaine, ce gars a une classe folle (je préfère Vincent Valentine, mais bon, on ne le voit pas dans Crisis Core… T_T).

Et parce qu’il fallait qu’une fille pour aller avec notre beau héros musclé, il y a Aeris. Quand je dis que Crisis Core m’a réconciliée avec le monde de FFVII, c’est pas peu dire : le peu que j’avais pu voir d’Aeris avant d’y jouer me montrait un personnage niais au possible, beaucoup trop ingénu, bref, ennyant (pour pas dire autre chose). Et dans Crisis Core, on découvre une jeune femme espiègle, mignonne ET avec un cerveau, et surtout quelqu’un qui colle de manière naturelle et crédible à notre Zack chéri. Bon, elle garde toujours un côté un peu potiche, mais faut bien qu’elle et Tifa se distinguent, donc c’est excusé.

N’oublions pas non plus Cloud, acteur important dans ce jeu dont il n’est pourtant qu’un personnage secondaire. Il fait une entrée discrète dans l’histoire, et c’est en partie par une succession de coïncidences qu’il deviendra votre pote (enfin, celui de Zack). Aah, qu’il est mignon ce petit blond, il a l’air tellement fragile dans cet opus (surtout quand on sait comment il fait de son badass dans les épisodes suivants) qu’on a envie de le prendre dans nos bras et de lui dire ‘tout ira bien, le jeu ne dure que quelques heures, shht’. Ce personnage, contrairement à un Squall de FFVIII, est parfaitement géré dans son évolution de caractère d’un jeune ‘normal’ à un homme torturé au passé plein de cicatrices. Et cette évolution, on en est témoin dans Crisis Core, et c’est vraiment fait de main de maître. Marrant de pouvoir tracer un parallèle entre la relation Angeal-Zack et Zack-Cloud.

Il y a encore de nombreux autres personnages tout aussi intéressants à découvrir dans cette aventure, mais ça, je vous laisse le soin de le découvrir (jouez-y!!!).

En tous cas, niveau design des persos, on ne dira jamais assez de bien de M. Tetsuya Nomura. Je suis fan.

La bande-originale

Eeet oui, on est pas sur mon blog pour rien, je me devais de relater ce point important. Devinez quoi? Encore un bon point pour Crisis Core! Les thèmes sont beaux, entraînants ou calmes, mais toujours avec des mélodies attrayantes et/ou un accord parfait avec les décors. Et beaucoup, beaucoup de guitares, acoustiques et électriques, du vrai bonheur! C’est clairement une des OST’s les plus enthousiasmantes que j’ai eu l’occasion d’écouter ces derniers mois. Merci Monsieur Takeharu Ishimoto!

Jouabilité

Je suis loin d’être une pro des A-RPG’s (A pour Action), mais je n’ai eu aucune difficulté à m’adapter. Faut dire que niveau combat, il s’agit surtout de bien bourriner, c’est pas de la grande subtilité, et d’ailleurs c’est pas plus mal, on se prend pas la tête et on tape dans le tas avec sa grosse n’épée.

Un gros plus tout de même pour le système de roulette qui déclenche des limites ou états avantageux chez votre perso pendant le combat : ingénieux mais surtout rafraîchissant. En plus c’est un plaisir de voir toutes ces petites scènes cachées (souvent assez drôles) qui se débloquent grâce à ce système. J’aime aussi l’idée que vos limites soient amenées par tous vos potes et les souvenirs liés à ceux-ci, ça rajoute à l’attachement que vous développerez sans doute pour tout ce petit monde. Surtout à la toute fin du jeu, le dernier combat… J’ai promis pas de spoilers, j’en dis pas plus.

Certains critiqueront la très forte linéarité du jeu, mais ça ne m’a personnellement pas dérangé vu que je jouais principalement pour l’histoire. Bien sûr, si vous êtes fans de tout débloquer, faudra vous reporter à une bonne soluce, parce qu’il est difficile de revenir sur ses pas, voire impossible la plupart du temps.

Graphismes

“C’est trop beeeeaaaaauuuu” est la phrase que j’ai pas arrêté de répéter tout au long de ma vingtaine d’heures de jeu. Du magnifique travail, ça hausse quasi la PSP au niveau de la PS2. Vraiment impressionnant.

Hormis leurs qualités plastiques, les graphismes de Crisis Core ne trahissent en aucun point ceux de FFVII : décors et ambiance (!), tout est restitué à la perfection.

Une fin… plus que marquante

Je vous l’ai promis, pas de spoilers, mais laissez-moi au moins vous dire dans quel état m’a laissé cette fin. C’est simple : j’ai pleuré comme un bébé pendant toute la dernière demi-heure de jeu. Je n’ai jamais vu de fin de RPG aussi horrible mais à la fois tellement belle que celle-ci. C’est vraiment l’apothéose, le vrai feu d’artifice, le bouquet qui vous rapelle tous les moments que vous avez passé et desquels vous vous sentez arrachés, contre votre gré. Je vous parais certainement un peu confuse, mais je ne m’aventure pas à décrire plus précisément la chose au risque de laisser s’échapper des éléments clefs.

Si je devais comparer cette fin à quelque chose, ce serait à un bouquin. Prenez le plus passionnant des livres que vous ayez lu, avec des personnages attachants, une aventure haute en couleurs, etc etc, et vous voilà à la dernière page… Vous allez devoir quitter tous ces gens avec qui vous avez passé des heures et des heures de lecture, franchement, il y a de quoi pleurer, ou du moins, il y a de quoi ne pas avoir du tout envie que ça se finisse. Et bien pour Crisis Core, c’est exactement le même sentiment si ce n’est que - petits veinards - une suite vous attend : Final Fantasy VII.

Ah, vous savez quoi? Écrire tout ça, ça me donne envie de le recommencer…