
"Je suis arrivé à Narita un jour de pleine lumière, d'azur clinquant. À la descente de l'avion, j'ai pris le premier train pour Tokyo, il circulait parmi les champs, les rizières, longeait des hameaux de maisons basses, aux jardins étroits plantés de pins tordus et d'arbres à kakis. Parfois, au pied des collines, se devinaient un temple ou un sanctuaire, gardés par des animaux, des esprits, toutes ces créatures qui avaient émerveillé Chloé à l'époque, lui avaient donné l'illusion d'évoluer dans un de ces films qu'elle adorait. Miyazaki, Takahata." (pp. 8-10)
Chloé, elle avait trois ans. C'était le trésor de cet homme qui part à la dérive, pour se perdre et se retrouver, en route pour Kyoto.
Ce bouquin est un long poème qui se tisse autour de l'absente. J'ai beaucoup aimé de pouvoir toucher à la détresse de cet homme, une détresse qui dérange parce qu'elle n'est pas faite de cris ou de pleurs, mais de vide et de sentiment de perte totale. La meilleure façon d'expliquer ce que j'ai ressenti en lisant ce livre, ce serait de dire que je me sentais un peu comme face à un ami proche qui aurait perdu quelqu'un de très cher que je connaissais pas. On sent le malheur, mais on ne peut pas le comprendre entièrement, on est maladroit, on ne sait pas trop quoi dire. Je me sentais comme ça avec le personnage.
Ce poème, c'est aussi une contemplation du Japon. C'est comme un homme invisible qui évolue dans les rues de Kyoto, qui observe, remarque, ressent, mais ne cherche pas plus loin. L'auteur propose un long instantané photographique, qui se marie d'ailleurs magistralement avec les photos d'Arnaud Auzouy, et qui parlera sûrement beaucoup à des personnes qui, comme moi, ont eu la chance de visiter le Japon, et plus particulièrement Kyoto.
Bref, un livre vite lu, à accueillir, mais veillez quand même à avoir une bonne force morale quand vous l'attaquez.



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